Les rats dans les murs

 

Magna Mater ! Magna Mater !... Atys... Dia ad aghaidh’s ad aodann... agus bas dunach ort ! Dhonas’s dholas ort, agust leat sa !... Ungl... ungl... rrrlh... chchch...
C’est ce qu’ils dirent que j’avais dit, quand ils me retrouvèrent dans l’obscurité, après trois heures ; ils m’avaient trouvé tapi, accroupi dans le noir sur le corps grassouillet et mi-mangé du capitaine Norrys, avec mon propre chat me déchirant et me griffant à la gorge. Maintenant ils ont rasé le prieuré d’Exham, m’ont séparé de mon chat, et m’ont enfermé dans cette pièce à barreaux de Hanwell avec des chuchotis effrayés sur mon hérédité et mes expériences.
Quand je parle du pauvre Norrys, ils m’accusent d’une chose affreuse, mais ils doivent bien savoir que je ne l’ai pas commise. Ils doivent savoir que c’étaient les rats ; les rats glissants et grouillants dont la débandade ne me laissera jamais dormir ; les rats démoniaques qui courent derrière les cloisons de cette pièce et m’ont attiré vers les pires horreurs que j’ai jamais connues ; les rats qu’ils n’arriveront jamais à entendre ; les rats, les rats dans les murs.

Voir aussi les pages "Dagon", "La cité sans nom", " Le Festival", "Le chien".